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Retour des réfugiés burkinabè : Lomé pose les bases d’une solution régionale

Du 9 au 11 septembre dernier, le Togo, le Burkina Faso, le Bénin et le Ghana ont signé trois accords tripartites avec le HCR. Objectif : organiser, lorsque les conditions le permettront, le retour volontaire des réfugiés burkinabè. Une avancée qui dépasse le simple cadre humanitaire. Elle traduit une prise de conscience : la crise sahélienne s’installe dans la durée, et les pays d’accueil ne peuvent plus se contenter de gérer l’urgence.

Cette deuxième réunion ministérielle du Dialogue de Lomé a débouché sur ces textes. Ils prévoient des mécanismes de concertation et de suivi pour encadrer les retours et la réintégration. « Un moment décisif dans la consolidation des acquis du Dialogue de Lomé, dans le renforcement de notre coopération régionale et dans l’accélération de la mise en œuvre des engagements que nous avons pris ensemble », a déclaré Hodabalo Awaté, ministre togolais chargé de l’Administration territoriale.Les données du HCR dessinent une réalité préoccupante. En 2024, 4,7 millions de personnes étaient déplacées dans l’espace Sahel Plus, soit une hausse de 12 % en un an. Près de 127 000 Burkinabè avaient cherché refuge au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo. À fin 2025, plus de 170 000 réfugiés et demandeurs d’asile, majoritairement burkinabè, étaient recensés dans ces quatre pays. Une concentration qui pèse sur les services essentiels : protection, alimentation, santé, éducation.

En Côte d’Ivoire, le Programme alimentaire mondial avait sollicité 4,6 millions de dollars en mars 2025 pour assister, pendant six mois, les demandeurs d’asile et les communautés d’accueil du nord du pays. Un chiffre qui illustre le coût de cette crise pour des États déjà confrontés à leurs propres défis économiques.

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Les textes signés à Lomé prévoient des retours « volontaires, sûrs et respectueux de la dignité des réfugiés ». Ils instaurent des mécanismes de concertation et de suivi pour accompagner les opérations et la réintégration. Les cinq États parties au Dialogue de Lomé appellent également à renforcer l’autonomisation économique des réfugiés et des communautés d’accueil, ainsi que leur accès aux services sociaux.

Le Mali et le Niger ont participé aux travaux comme observateurs. La Côte d’Ivoire, de son côté, poursuit ses discussions avec le Burkina Faso et le HCR en vue d’un accord similaire. Une manière de dire que le processus s’étend, lentement mais sûrement, à l’ensemble de la sous-région.

Une stratégie à long terme

Ces accords s’inscrivent dans la stratégie sous-régionale de protection et de solutions 2026-2030. Trois piliers la structurent : la protection des déplacés, leur inclusion dans les pays d’accueil et la recherche de solutions durables, dont le rapatriement volontaire. Le Dialogue de Lomé, lancé il y a deux ans, s’impose comme le cadre de coordination de cette stratégie.

Reste une question : les conditions de sécurité au Burkina Faso permettront-elles des retours durables ? Le HCR et les États signataires parlent de retours « lorsque les conditions seront réunies ». Une formule prudente. Elle dit la complexité de l’équation. On ne renvoie pas des populations dans un pays en proie à l’instabilité sans garanties solides.

 

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